Les aliments bio sont-ils vraiment de qualité ?
Je lis régulièrement le magazine Ca m'intéresse que je trouve très bien étayé et illustré. J'ai découvert ce mois-ci qu'ils lancent un numéro Hors Série bimensuel. Le premier dans cette catégorie est consacré aux produits bio, le dossier est très complet et très bien expliqué. Voilà ce qu'il faut retenir :
1. Bio donc local?
Et bien la réponse est non! Face à une demande de plus en plus forte, les distributeurs sont obligés de se fournir en Europe et en Afrique. En effet, nos surfaces agricoles bio ne sont pas encore assez grandes et nos filières sont parfois dépassées par les besoins importants du marché. Il en résulte qu'en 2009, selon l'Agence bio, 38% de nos produits bio étaient importés. Une autre question s'impose alors celle de la qualité de ces produits importés. Selon, Michel Reynaud, responsable international de la certification chez Ecocert, ces produits sont sûrs car "ils sont contrôlés dans leur pays d'origine et à leur arrivée en France sur la base de la réglementation européenne". Il faut d'ailleurs noter qu'en 2009, seulement 3,75% des 320 prélèvements effectués par la Direction générale de la concurrence , de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n'étaient pas conformes.
Si vous souhaitez néanmoins consommer bio et local, je vous conseille d'adhérer à une Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne). En effet, ces associations permettent au consommateur de manger des produits sains (bio ou non) et à faible coût tout en soutenant l'agriculture locale. Il faut compter entre 15 et 18 euros pour un panier bio pour quatre personne par semaine (cf liste d'Amap dans la page "le bio dans mon assiette").
2. Bio contre prix!
Le bio est néanmoins encore trop onéreux. On considère que l'aliment bio est 20 à 30% plus cher qu'un aliment classique et la différence peut être encore plus importante s'il s'agit de produits transformés tels que les biscuits, plats préparés etc. Pourquoi?
- l'agriculture biologique étant moins intensive, elle a besoin de plus de main-d'œuvre
- l'hectare biologique est moins rentable et donc les agriculteurs reçoiventmoins de subventions
- mais l'UFC-Que choisir émet aussi l'hypothèse que la grande distribution n'hésite pas à augmenter ses prix sous prétexte d'une demande plus forte que l'offre…
Le bio reste cependant accessible à tous si on suit quelques règles simples:
- adhérer à une Amap comme nous l'avons vu précédemment
- acheter surtout des fruits et légumes bio qui restent les aliments les plus exposés aux produits phytosanitaires
- acheter des produits bio de saison (évitant ainsi de payer le coût de l'emballage)
- éviter les plats préparés bio bien plus onéreux que les produits bio frais en d'autres termes, mettez de l'huile de coudes pour préparer vos repas!
3. Un label sous haute surveillance
Conformément à la réglementation européenne, les produits certifiés biologiques sont contrôlés à toutes les étapes de la transformation, de l'exploitation à la mise sur le marché! Chaque exploitation agricole est contrôlée au moins une fois par an par des organismes agrées tels que Ecocert ou Qualité France. Néanmoins, si les produits ne sont pas conformes, l'agriculteur peut être contrôlé à plusieurs reprises et de manière inopinée. Il en est de même pour les transformateurs.
4. Arnaque ou véritable atout santé?
Le bio, et notamment les aliments bio, sont de plus en plus sujets à controverse alors qu'en est il vraiment? Les scientifiques ne peuvent toujours pas nous répondre ou du moins vont-ils nous répondre "l'absence de résidus de pesticides (puisque c'est sur ce principe qu'est fondé le bio) ne peut pas faire de mal" et bien avec ça, vous allez me dire, on est bien avancé!! Et bien oui pour l'instant, les scientifiques se renvoient la balle et il est donc bien difficile de se faire un avis. Selon Denis Lairon, directeur de recherche à l'Inserm et coordinateur du dernier rapport de l'Afssa (2003) sur ce thème, "un bilan sérieux des études ne montre pas de différences entre produits bio et non bio". Il reste cependant des valeurs sûres auxquelles on peut se fier:
Les fruits et légumes:
- les fruits et légumes bio contiennent plus d'antioxydants (et sont donc plus protecteurs de notre santé) car privés de pesticides pour se défendre, ils produisent plus d'antioxydants de type phénols et polyphénols.
- les légumes feuilles, racines et tubercules bio (salades, épinards, carottes, navets, pommes de terre [plus riche en vitamine C], topinambours …) ont un taux de nitrates réduit de moitié! En effet, ils puisent leur ressources dans le sol et sont directement exposés aux nitrates. De plus, étant cueillis à maturité, leur densité nutritionnelle est plus importante.
La viande et produits laitiers :
- La condition d'élevage des animaux en agriculture biologique permet d'avoir une viande ou du lait moins riche en acide gras saturés mais davantage d'oméga 3.
Les céréales :
- Les céréales bio contiennent moins de protéines mais plus d'acides aminés essentiels car le son, les fibres, minéraux et vitamines sont conservés.
Les plats et biscuits :
- Des produits surgelés au produits pour bébé, tous les aliments se mettent au vert mais les plats préparés nécessitent une technologie qui est peu adaptable aux principes de l'agriculture biologique. En effet, selon Denis Lairon toujours et Stéphane Bellon, chargé de mission agriculture biologique à l'Inra, il est quasiment impossible de se passer d'acides gras saturés pour ces plats, de même qu'il n'est pas facile de fabriquer du jambon sans nitrite ni adjuvant.
En définitive, oui les aliments bio sont de qualité de par leur faible teneur en produits phytosanitaires et leur réglementation très stricte. Néanmoins, leur bénéfice réel pour notre santé n'a pas pu être prouvé jusqu'à ce jour. Il n'en reste pas moins que les matières premières bio, et notamment les fruits et légumes, sont des sources sûres quant à leur importante densité nutritionnelle et teneur en acides aminés et antioxydants.
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